Ce n’est pas si gay que ça !


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Qu’on l’admette ou pas, aujourd’hui, il existe une vie gay un peu partout au Maghreb. Avec ses codes, ses rites, ses habitudes, ses endroits, ses craintes, ses interrogations et ses revendications. Parler de son orientation sexuelle n’est pas une obligation et heureusement. Ceux qui disent que leur sexualité ne regarde personne sont parfaitement justifiés de penser ainsi. Mais c’est sûrement un moyen de s’empêcher de faire un dernier pas pour assumer pleinement son homosexualité.

Des associations se sont levées pour fédérer autour d’activités culturelles et conviviales gays au Maghreb les des homosexuels franco-maghrébins et du Maghreb (Kelma, N’DéeSses,…), pour que les gays et les lesbiennes de l’autre côté de la Méditerranée puissent trouver un relais, une écoute et un échange fécond. Même si les familles sont encore réticentes voire complètement réfractaire à cette idée, qu’elles le veuillent ou non, les gays existent bel et bien chez les rebeus.

D’après un rapport américain (Université de Minnesota) 30% de la totalité des jeunes suicidés sont homosexuels où la famille n’envisage que le seul amour hétérosexuel, où l’Église comme l’islam qualifie l’homosexualité d’acte contre-nature, les gays apprennent à vivre dans le mensonge. La honte de soi s’installe, l’isolement, la solitude, en langage plus technique on appelle cela “l’homophobie intériorisée”.

Mais cette condamnation explicite ne suffit pas à expliquer l’homophobie. La consommation d’alcool, par exemple, est également condamnée par l’islam ; pour autant, elle n’entraîne pas de réaction phobique à l’encontre de ceux qui s’y adonnent. C’est donc que l’homophobie ne tient pas seulement à des raisons religieuses.

Car dans bien des cas, cacher son orientation sexuelle, sous prétexte qu’elle ne regarde personne, forcera l’individu à mentir sur bien des petits détails de la vie quotidienne, à jouer un rôle…C’est toujours mieux de se sentir soi-même partout et toujours en se disant que les gens qui m’ignorent pour cette raison sont forcément des cons et que je n’ai rien à faire avec eux. Mais la vie communautaire méditerranéenne ne permet pas toujours cet isolement, comment vit cette communauté gay avec le poids culturel, religieux et familial qui n’est pas toujours évident à supporter ?

Samir nous dit : “Je ne peux pas suivre une religion qui ne me laisse aucune place pour exister dans ma différence .Je ne prie pas, je bois de l’alcool, j’aime les hommes et je ne fais pas le ramadan.” D’autres disent : “Je suis musulman avant d’être homosexuel. Pour le reste, Dieu est clément et miséricordieux, il pourra me pardonner car je suis quelqu’un de bien”. Yassine (27 ans) affirme quant à lui : “…J’arrête de boire de l’alcool 40 jours avant le ramadan. Je prie, je vais à la mosquée…C’est une bonne occasion pour me purifier.”

Purification, pardon divin, les mots sont lâchés. Ceci reflète le désarroi et la détresse dans lesquels se trouvent beaucoup de gays maghrébins. L’homosexualité est considérée comme quelque chose d’impur, de malsain. Un pêché. Y compris par les gays eux-mêmes. On peut imaginer ensuite la culpabilité qui s’en suit, et puis la quête d’une rédemption un jour. La rédemption signifie souvent le mariage. On rentre dans le droit chemin, on épouse une femme et on fait des enfants.

Ceci-dit cette situation, arrange tout le monde : les parents, la femme dont le rêve dans la vie était de trouver un mari et de fonder une famille et garantir la meilleure couverture contre les qu’on dira-t-on…

J’ai un voisin qui est né sans testicules et donc il n’arrive pas à bonder. Il est homo de naissance. Ses parents ont tout fait pour qu’il ne soit pas homo. Mais rien à faire. Il a maintenant 22 ans et il est amoureux d’un homme. Ses parents viennent de le renvoyer de la maison et il est perdu notamment à cet âge. Il est encore étudiant en Beaux-arts. En plus il est très croyant et pratiquant. Il est allé voir l’imam du coin pour lui trouver une solution et intervenir pour que ses parents l’accepte mais toujours rien. Il l’a empêché même de rentrer dans la mosquée. Maintenant il fait ses prières dans une autre mosquée plus loin. Il est venu me voir et m’a pose cette question : Est-ce que je peux rester homo et musulman en même temps ? Au paradis je ne veux pas ni le vin ni les vierges ni même la viande mais je veux des hommes, du hachisch et des légumes. Est-ce que j’aurai cela ? A vous de lui trouver la solution et de répondre à ses questions??!!!!!! Autre chose que faites vous si vous avez un enfant homo? ????????

Par : Labidi Karim Mohamed

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